ECO SAVOIE MONT BLANC – Conférence de Presse de la Fédération BTP Savoie

Suite à notre conférence de presse « Mise au point » du mardi 18 septembre, voici un article paru ce jour dans ECO SAVOIE MONT BLANC (page 14)

RENÉ CHEVALIER : « BTP SAVOIE EST LIBRE, INDÉPENDANT… ET LEADER »

LE PRÉSIDENT DE BTP SAVOIE RÈGLE SES COMPTES AVEC LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DU BÂTIMENT. AU VITRIOL.

La justice a tranché en juillet : BTP Savoie est bel et bien exclu du réseau de la Fédération française du bâtiment (FFB, dont l’actuel président, Jacques Chanut, est également actionnaire de notre journal). René Chevalier, qui demandait la réintégration, a donc perdu. Il ne fait pas appel. Pourquoi ? « Le juge ne dit pas que ma dernière élection était illégale, ne dit pas que nous ne sommes plus un syndicat professionnel. Nous continuons donc à exister, et nous nous passerons de l’affiliation nationale. »

Il l’assure : cela ne changera rien ou pas grand chose. « Nous n’aurons plus le droit de donner notre avis dans les négociations nationales, mais est-ce qu’il comptait beaucoup ? Nous continuons à représenter nos adhérents. Une seule certification, pour les travaux sur monuments historiques, est entièrement contrôlée par la Fédération. »

« UNE CHASSE À L’HOMME »

Comment en est-on arrivé là ? La FFB l’accuse d’être resté président trop longtemps. René Chevalier raconte une autre histoire : « Nous sommes en désaccord avec la FFB sur plusieurs dossiers : les travailleurs détachés, la carte de travailleur professionnel, la clause Molière… Mais la cause de la chasse à l’homme dont j’ai été victime est à chercher dans le différend qui nous a opposé à la fédération de l’Isère (présidée par Jacques Chanut) au sujet de l’Adef. Cette association a été créée par les trois fédérations de l’Isère, Savoie et Hautes-Alpes pour mutualiser des fonds et ainsi permettre de secourir des entreprises du BTP. Lorsqu’à la fin des Jeux olympiques d’Albertville, la commune de Brides-les-Bains s’est déclarée impécunieuse, c’est par exemple l’Adef qui a payé les entreprises, la commune la remboursant 14 ans après. La gouvernance était partagée entre les trois partenaires L’Isère a voulu en prendre le contrôle, je m’y suis opposé. Nous sommes parvenus à un accord en juin 2017 et, comme par hasard, la FFB s’est intéressée à mon cas dans la foulée. Oui, j’ai dépassé la règle des trois mandats, mais si la FFB veut mettre de l’ordre dans les fédérations, elle devrait exclure 60 % de ses membres ! Nous nous sommes renseignés, on trouve de tout dans les statuts des fédérations territoriales. »

Et maintenant ? « Aujourd’hui, nous sommes un syndicat professionnel libre, indépendant… et leader en Savoie. La vérité des chiffres, c’est que sur 4 300 entreprises du BTP de Savoie, 900 adhèrent à la Capeb – avec laquelle nous nous entendons bien, à la différence du national – et 195 à BTP Savoie, soit environ 8 000 salariés sur 15 000 qui travaillent dans le département. Nous avons perdu 17 adhérents, dont 9 n’adhèrent plus nulle part, et en avons gagné 20, et pas des autoentrepreneurs ! Aujourd’hui, nous travaillons tous les jours pour faire avancer nos métiers. Nous créons une formation avec l’Inseec, nous nous battons pour trouver de la main-d’œuvre… »

Le divorce est donc consommé. Entouré d’une partie de son conseil d’administration, René Chevalier fait tout pour présenter une fédération en bon état de marche. « Une chose est certaine, conclut-il : ici, à BTP Savoie, cette bataille nous a cimenté. »

Par Philippe Claret