Dauphiné Libéré – Rentrée parlementaire de Typhanie Degois

Article paru dans le Dauphiné Libéré de ce jour (page 5).

Lors de sa rentrée sur le terrain hier, la députée de la première circonscription a plaidé pour de nouvelles baisses de la dépense publique et de la fiscalité des entreprises.

Ciel gris, crachin tiédasse. Les grandes vitres de l’école maternelle de Pont-de-Beauvoisin (Savoie), un bâtiment à l’allure résolument moderne, détonnent dans le quartier historique. Le chantier de son extension se poursuit juste à côté, à l’endroit où la députée de la première circonscription, Typhanie Degois (LREM), a fait hier matin sa rentrée parlementaire sur le terrain. Peu d’élus autour d’elle à part le maire, Raymond Ferraud, et un adjoint. Mais beaucoup d’organisations professionnelles.

Car la députée LREM entendait essentiellement parler économie, à quelques jours de l’ouverture des échanges sur la loi Pacte à l’Assemblée nationale. Et illustrer tout ça par un exemple, celui de Pierre Goldin, un salarié qui a repris sa société de 37 salariés, Perrouse Construction, engagée sur ce chantier à Pont-de-Beauvoisin.

« L’Avant-pays savoyard a un potentiel économique incroyable. Il faut soutenir les entreprises du territoire. Il est important que les députés soient sur le terrain, voient la vraie vie » a témoigné Mme Degois à l’intention des représentants du Medef, de la fédération du bâtiment et de la Capeb (confédération des artisans), qui l’accompagnaient durant sa visite.

À l’échelon national, la croissance sera moins forte que prévu, l’objectif de réduction de déficit ne sera pas tenu. « Il faut faire avec, et poursuivre les réformes annoncées », atelle estimé.
« Il y avait de grandes espérances après la simplification du code du travail. Les résultats ne sont pas encore là. Il faut aller plus loin. »

Plus loin, c’est s’engager davantage dans la voie libérale, posture qu’elle assume :
« Il faut baisser de manière plus tranchée la dépense publique et la fiscalité des entreprises. Pour redistribuer de la richesse, il faut déjà que l’on ait créé de l’argent. C’est en relançant l’économie que l’on pourra redistribuer.

Aujourd’hui, les entreprises ne sont pas incitées à embaucher plus que cela. »
Au lendemain de la présentation du plan pauvreté du gouvernement, elle a ajouté : « Tout est lié, l’économie et la solidarité vont de pair. On ne peut pas avoir de solidarité sans une économie forte. »

Plus tard, elle nous confiera : « LREM, c’est la diversité des opinions. Je suis plus libérale que la plupart des députés du groupe. Certains sont plus à gauche… »

Aux entrepreneurs et organisations professionnelles, qui lui ont fait part de leurs difficultés à trouver de la main-d’œuvre dans un secteur du bâtiment qui a redémarré, Typhanie Degois a livré les conclusions de son “tour de Savoie des entreprises”. Problèmes, attentes, financements… 216 sociétés savoyardes ont répondu aux questions de la députée. Des réponses, elle a tiré une série de propositions qu’elle espère greffer à la loi Pacte, via des amendements qu’elle va déposer. Parmi ces mesures, des dispositions pour limiter la concurrence des microentreprises, lutter contre les retards de paiement, ou simplifier les contraintes administratives. Ont-ils une chance de passer ? « Ça va être compliqué, a-t-elle observé, je ferai le maximum. »

Son parti, LREM, sera confronté dans huit mois au premier scrutin national depuis les législatives. « On travaille pour l’instant sur le fond plutôt que sur les candidatures. L’immigration, l’agriculture, le social… » À l’entendre, les ennuis estivaux du président de la République sont dissipés. Comme à cette question sur la démission de Nicolas Hulot, et le rôle des lobbys : « Il y a beaucoup de fantasmes à leur sujet. Il faut juste être impartial. Si quelqu’un vient me voir en disant “blanc”, j’irai voir ceux qui disent “noir”. »

Pierre-Éric BURDIN